Le contacteur jour nuit Legrand permet d’alimenter automatiquement un chauffe-eau pendant les heures creuses, lorsque le tarif de l’électricité est généralement plus avantageux. Son fonctionnement est simple : le compteur ou le gestionnaire de réseau envoie un ordre, le contacteur ferme son circuit et le ballon chauffe sans intervention manuelle.
Le raccordement reste toutefois une opération électrique à réaliser avec méthode. Une erreur de branchement peut provoquer un déclenchement du disjoncteur, endommager le matériel ou créer un risque d’échauffement. Voici les repères essentiels pour comprendre le câblage d’un contacteur Legrand et intervenir dans de bonnes conditions.
À quoi sert un contacteur jour nuit ?
Un chauffe-eau électrique peut fonctionner à tout moment, mais son alimentation permanente n’est pas toujours intéressante. Avec un abonnement heures pleines/heures creuses, le contacteur commande automatiquement la mise en chauffe du ballon pendant les plages définies par le fournisseur d’électricité.
Le dispositif possède généralement trois positions :
- Automatique : le chauffe-eau fonctionne selon le signal heures creuses reçu par le contacteur ;
- Marche forcée : le ballon chauffe immédiatement, même en dehors des heures creuses ;
- Arrêt : l’alimentation de la résistance est interrompue.
La marche forcée est pratique après une longue absence ou lorsque l’eau chaude vient à manquer. Dans la plupart des modèles, le contacteur revient ensuite automatiquement en position automatique lors de la prochaine période d’heures creuses.
Le matériel nécessaire au raccordement
Avant d’ouvrir le tableau électrique, vérifiez que vous disposez du matériel adapté à votre installation et au modèle de contacteur Legrand choisi. Un montage courant comprend les éléments suivants :
- un contacteur jour nuit Legrand, généralement bipolaire ;
- un disjoncteur divisionnaire de 2 A pour protéger le circuit de commande ;
- un disjoncteur de 20 A pour protéger le circuit de puissance du chauffe-eau ;
- un câble ou des conducteurs de section adaptée, souvent en 2,5 mm² pour la puissance et en 1,5 mm² pour la commande ;
- un peigne d’alimentation compatible avec le tableau ;
- des embouts de câblage si des conducteurs souples sont utilisés ;
- un tournevis isolé, un vérificateur d’absence de tension et, idéalement, un tournevis dynamométrique.
Les calibres indiqués correspondent à une configuration courante pour un chauffe-eau monophasé. Ils doivent être confirmés selon la puissance de l’appareil, la section des conducteurs et les prescriptions de la norme NF C 15-100.
Identifier les bornes d’un contacteur Legrand
Les références Legrand peuvent présenter quelques différences de disposition, mais les marquages restent généralement similaires. Il est indispensable de lire le schéma imprimé sur le produit plutôt que de se fier uniquement à la position des bornes.
Sur un contacteur jour nuit classique, vous trouverez souvent :
- A1 et A2 : les bornes de la bobine de commande ;
- 1 et 2 : le premier contact de puissance ;
- 3 et 4 : le second contact de puissance.
Les bornes de puissance reçoivent la phase et le neutre en provenance du tableau, puis transmettent ces conducteurs au chauffe-eau lorsque la bobine est activée. Les bornes A1 et A2 servent uniquement à commander le contacteur à partir du signal heures creuses.
Selon le modèle, les numéros peuvent être présentés différemment ou accompagnés d’un schéma spécifique. Certains appareils comportent aussi un voyant ou une fonction de commande particulière. Le bon réflexe consiste à comparer la référence inscrite sur la face avant avec la notice Legrand correspondante.
Principe général du branchement
Le raccordement s’organise autour de deux circuits distincts : le circuit de puissance du chauffe-eau et le circuit de commande du contacteur. Cette séparation est importante pour la sécurité et pour le bon fonctionnement de l’installation.
Le circuit de puissance part du disjoncteur dédié au chauffe-eau, passe par les contacts du contacteur, puis rejoint les bornes d’alimentation du ballon. Le circuit de commande part du disjoncteur 2 A, traverse le contact fourni par le compteur ou le gestionnaire de réseau, puis arrive sur la bobine A1/A2.
Dans une installation monophasée courante, le schéma de principe est le suivant :
- la phase protégée par le disjoncteur 20 A arrive sur la borne de puissance 1 ;
- la borne 2 repart vers la phase du chauffe-eau ;
- le neutre protégé par le même circuit arrive sur la borne 3 ;
- la borne 4 repart vers le neutre du chauffe-eau ;
- la bobine est alimentée entre A1 et A2 par le circuit de commande heures creuses.
Les bornes d’entrée et de sortie peuvent être inversées selon les indications du fabricant, mais il est préférable de respecter le sens indiqué sur la notice. Le conducteur de terre, lui, ne passe jamais par le contacteur : il relie directement le bornier de terre du tableau à la borne de terre du chauffe-eau.
Raccordement du circuit de puissance
Le circuit de puissance doit être protégé par un disjoncteur adapté à la puissance du ballon. Pour un chauffe-eau domestique monophasé classique, un disjoncteur 20 A avec des conducteurs de 2,5 mm² est très fréquent.
La phase et le neutre issus du disjoncteur sont raccordés aux deux bornes d’entrée du contacteur. Les bornes de sortie sont ensuite reliées aux conducteurs correspondants du chauffe-eau. La phase doit rester distincte du neutre et les connexions doivent être fermement serrées.
Ne raccordez pas le chauffe-eau directement sur la sortie du contacteur sans protection dédiée. Le contacteur établit ou coupe l’alimentation, mais il ne remplace pas le disjoncteur. De la même manière, le disjoncteur 2 A ne protège pas la résistance du ballon : il protège uniquement le circuit de commande.
Une erreur fréquente consiste à faire passer uniquement la phase dans le contacteur et à laisser le neutre raccordé en permanence. Certains anciens montages fonctionnent ainsi, mais un contacteur bipolaire est conçu pour couper les deux conducteurs actifs du circuit monophasé. Respectez toujours le schéma du modèle installé et les règles applicables à votre tableau.
Raccordement du circuit de commande heures creuses
Le signal heures creuses est généralement disponible sur deux bornes du compteur ou sur un relais de commande installé à proximité. Sur les installations françaises, ces bornes sont souvent repérées C1 et C2, mais leur identification peut varier selon le type de compteur et la configuration du tableau.
Le circuit de commande est habituellement protégé par un disjoncteur 2 A. Le principe est le suivant :
- un conducteur part du disjoncteur 2 A vers l’une des bornes du contact heures creuses ;
- un second conducteur revient de l’autre borne du contact heures creuses vers A1 ou A2 ;
- l’autre borne de la bobine est reliée au conducteur complémentaire prévu par le schéma, généralement le neutre protégé par le circuit de commande ;
- lorsque le signal heures creuses est actif, la bobine reçoit la tension nécessaire et ferme les contacts de puissance.
La bobine d’un contacteur domestique est souvent prévue pour du 230 V, mais cette information doit être vérifiée sur l’étiquette du produit. Ne raccordez jamais une bobine 230 V sur un circuit d’une autre tension.
Le branchement exact de A1 et A2 peut dépendre de la conception du contacteur. Sur de nombreux modèles à bobine 230 V, la phase commandée arrive sur A1 et le neutre sur A2. Pour éviter toute approximation, reportez-vous au schéma Legrand fourni avec le contacteur.
Schéma de câblage simplifié
Voici une représentation textuelle d’un montage monophasé courant :
- disjoncteur 20 A : phase et neutre vers les bornes d’entrée du contacteur ;
- sorties du contacteur : phase et neutre vers le chauffe-eau ;
- disjoncteur 2 A : alimentation du circuit de commande ;
- contact heures creuses : placé en série dans le circuit de la bobine ;
- bornes A1 et A2 : raccordées à la commande et au neutre selon le schéma du fabricant ;
- terre : raccordement direct entre le tableau et le chauffe-eau.
Ce schéma permet de comprendre le fonctionnement, mais il ne remplace pas le plan de câblage du modèle exact. Une photo du tableau ne suffit pas toujours pour identifier les conducteurs, surtout dans une installation ancienne ayant subi plusieurs modifications.
Les étapes de raccordement en toute sécurité
Coupez d’abord l’alimentation générale au disjoncteur de branchement. Ne vous contentez pas de couper le disjoncteur 20 A du chauffe-eau : le circuit de commande peut rester alimenté par un autre départ.
Vérifiez ensuite l’absence de tension avec un appareil adapté. Un simple tournevis testeur n’est pas considéré comme un moyen fiable de contrôle. Le vérificateur doit être testé avant et après la mesure afin de confirmer son bon fonctionnement.
Repérez les conducteurs avant de les débrancher. La couleur bleue est normalement réservée au neutre, le vert et jaune à la terre, tandis que la phase utilise généralement le marron, le noir ou le rouge. Dans une installation ancienne, les couleurs peuvent toutefois être incohérentes : ne déduisez jamais la fonction d’un fil uniquement à partir de sa couleur.
Installez le contacteur sur le rail DIN, raccordez d’abord le circuit de puissance, puis le circuit de commande. Vérifiez que chaque conducteur est correctement dénudé, qu’aucun brin de cuivre ne dépasse et que les bornes sont serrées au couple indiqué par Legrand.
Avant de remettre sous tension, contrôlez visuellement le câblage. Aucun conducteur ne doit être pincé, la terre doit rester continue et les fils doivent être suffisamment maintenus dans le tableau.
Comment tester le fonctionnement du contacteur ?
Après remise sous tension, placez le sélecteur sur marche forcée. Le chauffe-eau doit alors être alimenté, sous réserve que son propre thermostat et sa sécurité thermique soient opérationnels. Cette position permet de vérifier le circuit de puissance sans attendre la prochaine période d’heures creuses.
Repassez ensuite le sélecteur sur automatique. Le contacteur ne basculera que lorsque le signal heures creuses sera envoyé. Vous pouvez écouter un léger claquement au moment de l’enclenchement, mais ce bruit ne constitue pas à lui seul une preuve suffisante de bon fonctionnement.
Si le ballon ne chauffe pas en marche forcée, vérifiez le disjoncteur 20 A, la présence de tension en sortie du contacteur et l’état du thermostat du chauffe-eau. Si la marche forcée fonctionne mais que le mode automatique reste inactif, recherchez plutôt un problème sur le circuit de commande, les bornes C1/C2 ou le contrat d’électricité.
Les erreurs de branchement les plus courantes
- Oublier le disjoncteur 2 A : la bobine n’est pas correctement protégée et le circuit de commande ne respecte pas le montage habituel ;
- Inverser puissance et commande : les bornes A1/A2 ne doivent pas recevoir directement l’alimentation complète du chauffe-eau ;
- Utiliser une section insuffisante : la section doit être adaptée au courant et au mode de pose ;
- Ne pas raccorder la terre : le contacteur ne dispense jamais de la mise à la terre du ballon ;
- Confondre marche forcée et panne : le retour automatique dépend du prochain ordre heures creuses ;
- Se fier à un ancien câblage : une installation existante peut comporter des anomalies qu’il ne faut pas reproduire.
Un autre cas fréquent concerne les abonnements qui ne disposent pas d’option heures creuses. Le contacteur peut être parfaitement câblé, mais ne recevoir aucun ordre de commande. Avant de remplacer le matériel, vérifiez les caractéristiques de votre contrat et la présence effective du signal.
Quand faire appel à un électricien ?
Si le tableau est ancien, saturé, dépourvu de différentiel 30 mA ou constitué de fils difficiles à identifier, mieux vaut confier l’intervention à un professionnel. Il en va de même pour un raccordement triphasé, un chauffe-eau de forte puissance ou une installation présentant plusieurs conducteurs sous une même borne.
Faites également intervenir un électricien si le disjoncteur déclenche régulièrement, si une odeur de plastique chaud apparaît, si une borne noircit ou si le contacteur devient anormalement chaud. Ces signes peuvent révéler un mauvais serrage, une surcharge ou un défaut d’isolement.
Un branchement jour nuit Legrand correctement réalisé améliore le pilotage du chauffe-eau sans complexifier l’usage quotidien. La méthode tient en quelques principes : distinguer puissance et commande, utiliser les protections adaptées, respecter le schéma du fabricant et contrôler l’absence de tension avant toute intervention. Dans le doute, mieux vaut perdre quelques heures de tarif creux que prendre un risque avec le tableau électrique.

