Raccorder un interrupteur 2 vitesses à une VMC peut sembler technique, mais avec les bons schémas en tête, ce câblage devient un projet de bricolage tout à fait accessible. L’objectif : piloter efficacement la petite et la grande vitesse de votre VMC pour optimiser le renouvellement de l’air, limiter les nuisances sonores et faire des économies d’énergie.
1. Rappels essentiels avant de câbler un interrupteur 2 vitesses pour VMC
Comprendre le fonctionnement d’une VMC 2 vitesses
Une VMC 2 vitesses est généralement composée :
- d’un moteur avec deux enroulements : petite vitesse (fonctionnement permanent) et grande vitesse (sur demande) ;
- d’un bornier de raccordement comportant :
- un borne pour le neutre (souvent notée N, en bleu),
- une borne pour la petite vitesse (L1, PV, 1 ou équivalent),
- une borne pour la grande vitesse (L2, GV, 2 ou équivalent),
- une borne de terre (si le modèle est équipé de masse métallique).
L’interrupteur 2 vitesses ne coupe pas le neutre, il agit uniquement sur la phase en envoyant l’alimentation soit vers la petite vitesse, soit vers la grande vitesse. Le neutre, lui, est câblé en direct depuis le tableau jusqu’à la VMC.
Règles de sécurité à respecter impérativement
Avant de toucher à un câblage VMC, quelques règles s’imposent :
- Couper le courant au disjoncteur général, puis vérifier l’absence de tension (testeur de tension ou multimètre).
- Travailler dans un environnement sec, sur un escabeau stable si la VMC est en hauteur.
- Respecter les couleurs de conducteurs :
- bleu pour le neutre,
- vert/jaune pour la terre,
- autres couleurs (souvent marron, noir ou gris) pour les phases.
- Ne jamais inverser neutre et phase.
- Respecter la section de câble recommandée (généralement 1,5 mm² pour un circuit VMC en monophasé domestique).
Si vous avez le moindre doute, faites valider votre schéma par un électricien ou faites réaliser le raccordement final par un professionnel. Le but est d’améliorer la qualité de votre habitat, pas de multiplier les risques électriques.
2. Schéma de câblage n°1 : interrupteur 2 vitesses classique avec VMC en petite vitesse permanente
Principe de cette configuration
Ce premier schéma est le plus souvent utilisé dans les logements récents : la VMC tourne en petite vitesse en continu, et l’interrupteur permet de passer ponctuellement en grande vitesse (cuisine, douche, lessive, etc.).
Le fonctionnement souhaité :
- Position 1 : VMC en petite vitesse permanente (débit minimal pour un air sain en continu).
- Position 2 : VMC en grande vitesse (sur demande, lorsque l’interrupteur est actionné).
Matériel et bornes typiques
Pour ce montage, vous aurez généralement :
- Une VMC 2 vitesses avec bornier :
- N (neutre, bleu),
- PV (petite vitesse),
- GV (grande vitesse),
- terre (si présente).
- Un interrupteur 2 vitesses (souvent un inverseur à 3 bornes) avec :
- une borne commune (L, COM ou symbole de phase),
- une sortie vers vitesse 1,
- une sortie vers vitesse 2.
Étapes de câblage (logique de branchement)
La logique de câblage se résume à :
- Le neutre du tableau électrique va directement sur la borne N de la VMC (sans passer par l’interrupteur).
- La terre du tableau va directement sur la borne terre de la VMC (si présente).
- La phase du tableau est amenée sur la borne commune de l’interrupteur 2 vitesses.
- La sortie 1 de l’interrupteur est reliée à la borne petite vitesse (PV) de la VMC.
- La sortie 2 de l’interrupteur est reliée à la borne grande vitesse (GV) de la VMC.
Avec cette configuration :
- En position 1, l’interrupteur envoie la phase vers PV : la VMC tourne en petite vitesse.
- En position 2, la phase est envoyée vers GV : la VMC passe en grande vitesse.
Ce câblage est idéal si vous souhaitez gérer manuellement le passage en grande vitesse (repas, douche, invités, etc.), tout en maintenant un débit constant en fond de tâche.
Avantages et limites de ce schéma
- Avantages :
- Schéma simple et fiable, facile à comprendre.
- Ventilation permanente en petite vitesse pour éviter l’humidité et les moisissures.
- Contrôle direct de la grande vitesse depuis une seule commande murale.
- Limites :
- Pas de retour visuel indiquant si la grande vitesse est active (sauf bruit plus important).
- Nécessite d’aller vérifier l’interrupteur si on ne se souvient plus de la position choisie.
3. Schéma de câblage n°2 : interrupteur 2 vitesses avec voyant témoin lumineux
Pourquoi ajouter un voyant ?
Dans une logique d’optimisation de l’habitat, ajouter un voyant témoin à votre interrupteur 2 vitesses permet :
- de visualiser immédiatement si la grande vitesse est active ;
- d’éviter de laisser la VMC en grande vitesse inutilement (bruit + surconsommation) ;
- de mieux gérer les périodes de surventilation (cuisine, salle de bains) et le retour en régime normal.
Cette configuration est particulièrement pertinente dans les pièces d’eau ou pour une VMC un peu ancienne, plus bruyante en grande vitesse.
Composition du dispositif
Vous utiliserez :
- Un interrupteur 2 vitesses avec emplacement pour voyant (ou un mécanisme intégrant déjà un témoin lumineux).
- Un voyant néon ou LED adapté au calibre et à la tension du circuit (230 V en général).
- Une VMC 2 vitesses avec bornes N, PV, GV et terre, comme dans le schéma précédent.
Principe de câblage avec témoin sur la grande vitesse
L’idée est de faire s’allumer le voyant uniquement lorsque la grande vitesse est alimentée. La logique de raccordement ressemble au schéma n°1, avec un ajout pour le voyant :
- Le neutre : toujours en direct du tableau à la VMC (borne N), et éventuellement utilisé pour alimenter le voyant (selon le type de témoin).
- La phase :
- vient du tableau jusqu’à la borne commune de l’interrupteur 2 vitesses,
- les sorties de l’interrupteur vont vers PV et GV comme précédemment.
- Le voyant :
- est raccordé entre la phase alimentant la grande vitesse (retour GV) et le neutre,
- il ne s’allume donc que lorsque la grande vitesse est active.
Concrètement, dans la boîte d’encastrement de l’interrupteur :
- Une borne du voyant est reliée au fil qui va vers la borne GV de la VMC.
- L’autre borne du voyant est reliée à un neutre (souvent via un conducteur ramené depuis le tableau ou le boîtier de dérivation le plus proche).
Points de vigilance
- Vérifier la compatibilité du voyant avec la tension secteur (230 V).
- Ne pas confondre voyant témoin (allumé quand la charge est en marche) et voyant lumineux permanent (repérage de l’interrupteur dans le noir).
- Respecter scrupuleusement le schéma fourni par le fabricant de l’interrupteur et du voyant, notamment si le module est intégré.
Ce type de montage vous apporte un confort d’usage concret : à l’échelle d’une année, éviter de laisser une grande vitesse inutilement active peut réduire la consommation globale de votre VMC et limiter l’usure du moteur.
4. Schéma de câblage n°3 : commande 2 vitesses couplée à l’éclairage ou à une minuterie
Objectif de cette configuration
Dans certaines salles de bains ou WC, on souhaite que la VMC passe automatiquement en grande vitesse quand la pièce est utilisée, sans action manuelle sur un second interrupteur. Deux variantes sont particulièrement courantes :
- Couplage de la grande vitesse avec l’éclairage de la pièce.
- Couplage avec une minuterie (la grande vitesse persiste quelques minutes après utilisation).
Le principe reste le même : la petite vitesse fonctionne en continu, et la grande vitesse s’active automatiquement en fonction d’un événement (allumage lumière, temporisation, etc.).
Variante A : VMC grande vitesse commandée par l’interrupteur d’éclairage
La logique est la suivante :
- Petite vitesse : alimentée en permanence via un raccord direct (phase permanente → borne PV de la VMC).
- Grande vitesse : alimentée uniquement lorsque l’éclairage est allumé (phase éclairage → borne GV de la VMC).
Schéma de principe :
- Neutre :
- direct tableau → borne N VMC,
- direct tableau → lampe (souvent via boîtier de dérivation).
- Phase :
- phase permanente tableau → interrupteur éclairage (borne commune),
- sortie de l’interrupteur éclairage → lampe,
- cette même sortie de l’interrupteur est dérivée vers la borne GV de la VMC (couplage),
- une autre phase permanente est envoyée directement sur la borne PV de la VMC pour la petite vitesse.
Résultat :
- VMC toujours en petite vitesse pour un renouvellement d’air minimal constant.
- Passage en grande vitesse dès que la lumière est allumée (occupation des lieux), puis retour à la petite vitesse dès extinction.
Ce montage est très utilisé dans les WC et petites salles de bains, notamment lorsque l’on veut automatiser sans ajouter de nouvelles commandes murales.
Variante B : VMC grande vitesse commandée par minuterie
Pour aller plus loin dans le confort et l’efficacité, on peut intercaler une minuterie entre l’interrupteur (éclairage ou spécifique) et la grande vitesse de la VMC. L’idée : maintenir la grande vitesse encore quelques minutes après avoir quitté la pièce, afin d’évacuer complètement l’humidité ou les odeurs.
Principe général :
- L’interrupteur déclenche la minuterie lorsqu’il est actionné.
- La minuterie alimente ensuite la borne GV de la VMC pendant un temps réglable (par exemple 5 à 20 minutes).
- À la fin du temps programmé, la minuterie coupe la phase vers GV, la VMC reste alors en petite vitesse uniquement.
Schéma type :
- Neutre : direct tableau → N VMC et N de la minuterie (si nécessaire selon le modèle).
- Phase :
- tableau → interrupteur (éclairage ou spécifique),
- interrupteur → entrée commande de la minuterie,
- sortie minuterie → borne GV de la VMC,
- phase permanente → borne PV de la VMC pour la petite vitesse.
Ce montage est plus avancé, mais particulièrement intéressant dans une salle de bains sans fenêtre ou une cuisine fermée, où l’accumulation d’humidité et d’odeurs est importante.
Avantages et points d’attention
- Avantages :
- Confort d’usage maximal : pas besoin d’y penser, la grande vitesse se gère automatiquement.
- Ventilation adaptée au temps réel d’occupation de la pièce.
- Réduction du risque de moisissures dans les pièces humides enclavées.
- Points d’attention :
- Respecter scrupuleusement le schéma fourni par le fabricant de la minuterie.
- Vérifier la compatibilité de la minuterie avec la puissance et le type de moteur de la VMC.
- Prévoir une boîte de dérivation adaptée et suffisamment spacieuse pour accueillir les connexions supplémentaires.
5. Bien choisir son interrupteur 2 vitesses pour une installation durable et confortable
Types d’interrupteurs 2 vitesses compatibles VMC
Pour vos travaux, plusieurs types d’interrupteurs sont adaptés aux VMC 2 vitesses :
- Inverseur 2 positions (ON/ON) :
- Position 1 : petite vitesse,
- Position 2 : grande vitesse,
- pas de position OFF : la VMC reste toujours alimentée sur au moins une vitesse.
- Interrupteur 3 positions (0/1/2) :
- 0 : arrêt total (déconseillé dans la plupart des logements, car la VMC doit normalement fonctionner en continu),
- 1 : petite vitesse,
- 2 : grande vitesse.
- Mécanisme spécifique VMC 2 vitesses :
- intègre parfois un pictogramme “petite maison / grande maison” ou “1 goutte / 3 gouttes”,
- facilite la compréhension pour tous les occupants.
Pour une approche à la fois pratique et économe en énergie, privilégiez un dispositif qui n’autorise pas l’arrêt complet de la VMC ou qui nécessite une action volontaire explicite pour couper totalement la ventilation.
Critères pratiques pour un habitat confortable
- Ergonomie : des pictogrammes clairs (cuisine, douche, vapeur) aident tous les occupants, y compris les enfants, à comprendre à quoi sert chaque position.
- Localisation : installez l’interrupteur dans un endroit logique (cuisine près de la hotte, entrée de salle de bains, couloir adjacent) pour qu’il soit utilisé régulièrement.
- Esthétique : dans un projet global de décoration ou de rénovation, alignez l’interrupteur VMC avec la gamme d’appareillage électrique existante (couleurs, finitions, formes).
- Compatibilité : vérifiez dans la notice de votre VMC le type de commande recommandé (simple interrupteur, inverseur, contact sec, etc.) avant l’achat.
Si vous hésitez entre plusieurs modèles ou configurations, vous pouvez approfondir le sujet avec notre article spécialisé pour choisir la commande la plus adaptée à votre VMC 2 vitesses, qui détaille les critères techniques et pratiques pour un usage confortable au quotidien.
Intégrer la VMC dans une démarche globale d’optimisation écologique
Au-delà du simple câblage, bien piloter une VMC 2 vitesses s’inscrit dans une stratégie plus large d’optimisation écologique de l’espace de vie :
- Réduction des pertes de chaleur : en utilisant intelligemment la grande vitesse (seulement quand c’est nécessaire), vous limitez l’air chaud expulsé en hiver.
- Prévention de l’humidité : une petite vitesse permanente évite les dégâts liés à la condensation (taches, peintures qui cloquent, odeurs de renfermé).
- Qualité de l’air intérieur : un pilotage adapté des deux vitesses aide à évacuer polluants domestiques, COV, vapeur de cuisine et particules de combustion.
- Confort acoustique : une bonne maîtrise du passage en grande vitesse réduit le bruit global dans le logement, surtout la nuit.
En combinant un câblage propre, un choix d’interrupteur adapté et une utilisation réfléchie des deux vitesses, votre VMC devient un levier discret mais puissant pour améliorer durablement le confort, la santé et la performance énergétique de votre maison.
