Dans beaucoup de projets de bricolage autour de la maison, le relais 24V (comme les modèles Finder) devient vite un allié précieux : automatisation d’un éclairage extérieur, commande d’une pompe de bassin, pilotage d’une VMC ou d’un arrosage… Mais le blocage arrive souvent au même endroit : le schéma de branchement. Comment connecter proprement la bobine, les contacts, l’alimentation 24V et la charge (en 230V ou en basse tension) sans rien griller ?

Ce guide rassemble 5 schémas de branchement concrets, prêts à copier ou adapter à vos besoins, avec un focus sur la sécurité et la clarté. Ils sont pensés pour des bricoleurs soigneux, pas forcément électriciens, mais attentifs aux bonnes pratiques et à la conformité.

1. Rappels indispensables avant de brancher un relais Finder 24V

1.1. Comment fonctionne un relais 24V Finder ?

Un relais est un « interrupteur commandé à distance ». Il se compose de deux parties bien distinctes :

  • La bobine (côté commande) : alimentée en 24V (AC ou DC selon le modèle), elle crée un champ magnétique qui actionne un contact mécanique.
  • Les contacts de puissance (côté circuit utile) : ils ouvrent ou ferment un circuit électrique totalement isolé de la bobine (ex : un éclairage 230V, une pompe, un moteur, un système de chauffage…)

Sur de nombreux relais Finder modulaires pour rail DIN, on retrouve les bornes :

  • « A1 » et « A2 » : entrées de la bobine 24V (polarité à respecter pour les modèles DC).
  • « 11, 12, 14 » (ou 1, 2, 3) : contacts « commun » (C), « normalement fermé » (NF/NC) et « normalement ouvert » (NO).

Le relais se comporte donc comme un interrupteur secondaire, contrôlé par une tension 24V, et capable de couper ou d’établir un circuit différent (souvent en 230V AC).

1.2. Notions de base pour un câblage sécurisé

Avant de passer aux schémas concrets, quelques règles à ne pas négliger :

  • Couper systématiquement l’alimentation au tableau avant tout câblage et vérifier l’absence de tension avec un testeur.
  • Respecter les sections de câbles adaptées à la puissance de la charge (1,5 mm² ou 2,5 mm² pour le 230V domestique selon l’usage, 0,75 à 1 mm² suffisent souvent côté commande 24V).
  • Respecter la tension de la bobine : un relais Finder 24V ne doit jamais recevoir 230V sur A1–A2.
  • Vérifier si la bobine est AC ou DC : une bobine 24V AC n’est pas équivalente à une bobine 24V DC.
  • Isoler proprement : fils bien serrés dans les bornes, gaines adaptées, pas de cuivre apparent.
  • Se référer à la notice du fabricant pour la puissance maximale commutable sur les contacts (ampérage, type de charge, usage domestique).

Pour des schémas encore plus détaillés (dont des variantes en 220/230V), vous pouvez consulter notre article spécialisé sur le câblage et le branchement des relais Finder 24V pour la maison, qui complète ces configurations pratiques.

2. Schéma n°1 : Relais Finder 24V pour commander un éclairage 230V

2.1. Objectif du montage

C’est le montage le plus courant : vous utilisez une petite commande basse tension (bouton poussoir 24V, module domotique, thermostat basse tension, etc.) pour allumer ou éteindre un éclairage en 230V (intérieur, extérieur, garage, terrasse).

Intérêt :

  • Séparer clairement la partie commande (24V, plus sûre) de la partie puissance (230V).
  • Permettre à un module domotique basse tension de piloter un circuit d’éclairage traditionnel.

2.2. Branchement côté bobine (commande 24V)

  • Alimentation 24V : provenant d’un transformateur ou bloc d’alimentation 230V/24V placé au tableau ou dans un coffret technique.
  • Relier le + 24V DC (ou la phase 24V AC) à l’entrée de votre interrupteur ou commande (bouton, module domotique, etc.).
  • Sortie de cet interrupteur → vers la borne A1 du relais Finder.
  • Le – 24V DC (ou neutre 24V AC) → directement vers la borne A2.

Quand l’interrupteur 24V est fermé, la tension alimente la bobine entre A1 et A2, ce qui « colle » le relais.

2.3. Branchement côté contacts (éclairage 230V)

  • Depuis le tableau, amener la phase 230V protégée par un disjoncteur approprié vers la borne COM (11) du relais.
  • De la borne NO (14) du relais, repartir vers la phase de la lampe.
  • Le neutre 230V va directement du tableau vers la lampe (sans passer par le relais).

Au repos, le contact NO est ouvert : la lampe est éteinte. Quand la bobine est alimentée en 24V, le contact NO se ferme et la lampe s’allume.

2.4. Application pratique dans la maison

  • Éclairage de jardin commandé par un module domotique basse tension dans un coffret étanche.
  • Rubans LED 230V pilotés par un contrôleur 24V via un relais Finder.
  • Lumière de cave déclenchée par un détecteur de présence basse tension.

3. Schéma n°2 : Relais Finder 24V pour piloter une prise ou une multiprise

3.1. Pour quoi faire ?

Ce montage permet d’alimenter ou couper automatiquement une prise de courant (ou une petite rangée de prises) à partir d’une commande basse tension :

  • Arrêter un chargeur, un outil, une pompe d’aquarium, une fontaine ou une guirlande extérieure.
  • Mettre en veille automatiquement certains appareils pour réduire la consommation en veille.

Attention : ce type de montage doit rester dans le cadre de la puissance admissible par le relais et respecter la norme domestique (circuit prises protégé souvent en 16A). On évite d’y brancher des appareils très puissants (chauffages mobiles, gros outils, etc.) si le relais n’est pas prévu pour.

3.2. Câblage côté commande (identique au schéma n°1)

On retrouve exactement le même principe :

  • Alimentation 24V → commande 24V (bouton, module, capteur) → borne A1.
  • Retour 24V (– ou neutre) → borne A2.

3.3. Câblage côté puissance (prise 230V)

  • Depuis le tableau, amener la phase 230V (circuit prises, disjoncteur adapté) vers la borne COM (11) du relais.
  • De la borne NO (14), repartir vers la phase de la prise contrôlée.
  • Le neutre 230V et la terre vont directement du tableau vers la prise, sans passer par le relais.

Quand le relais colle, la prise est alimentée. Sinon, elle est complètement coupée côté phase, ce qui limite les consommations parasites.

3.4. Exemple concret autour de la maison

  • Prise technique dans un local annexe qui alimente une station de pompage de récupération d’eau de pluie.
  • Multiprise d’atelier (outils et chargeurs) alimentée uniquement quand vous actionnez un interrupteur 24V central.
  • Prise pour guirlandes de terrasse commandée par un petit boîtier domotique basse tension.

4. Schéma n°3 : Relais Finder 24V pour inversion de sens (porte de garage, moteur de volet)

4.1. Principe de l’inversion de polarité

Certaines motorisations basse tension (volets roulants 24V, petits moteurs pour occultations, motorisation légère pour maquette ou serre) nécessitent une inversion de sens de rotation. Cela passe souvent par une inversion de polarité ou par deux enroulements distincts.

Avec un relais Finder 24V à contacts inverseurs, on peut créer un montage qui :

  • Envoie la polarité « normale » pour faire tourner dans un sens.
  • Inverse les fils + et – pour faire tourner dans l’autre sens.

Attention : ce type de montage demande de bien connaître le moteur utilisé et de respecter scrupuleusement la notice du fabricant.

4.2. Schéma type avec relais double inverseur

On part sur un relais Finder avec au moins deux inverseurs (par exemple 2RT), ce qui permet de croiser les polarités :

  • Bobine (A1–A2) : alimentée en 24V via votre commande (bouton « montée » / « descente », module domotique, automate, etc.).
  • Contacts inverseurs :
    • Premier inverseur : entrée = +24V, sorties = vers la borne 1 du moteur (en NO) et vers la borne 2 du moteur (en NC).
    • Deuxième inverseur : entrée = –24V, sorties = vers la borne 2 du moteur (en NO) et vers la borne 1 du moteur (en NC).

Au repos, la polarité est dans un sens. Quand la bobine colle, les contacts basculent et la polarité est inversée, ce qui fait tourner le moteur dans l’autre sens.

4.3. Séparation des commandes montée / descente

Dans une installation domestique, on couple souvent ce relais à :

  • Deux boutons poussoirs distincts (Montée / Descente) avec une logique de verrouillage.
  • Ou un module domotique capable de gérer les deux directions et de ne jamais activer les deux en même temps.

Il est crucial d’empêcher la mise sous tension simultanée des deux sens, sous peine d’endommager le moteur. En cas de doute, mieux vaut s’appuyer sur un schéma de la motorisation ou demander l’avis d’un professionnel.

5. Schéma n°4 : Relais Finder 24V pour automatiser un arrosage ou une pompe

5.1. Usage typique dans le jardin

Dans les projets d’optimisation écologique du jardin, on retrouve souvent :

  • Une pompe de relevage (eau de pluie, puits) pour alimenter un réseau d’arrosage.
  • Une électrovanne d’arrosage commandée en 24V AC ou DC.

Un relais Finder 24V peut être piloté par un programmateur d’arrosage basse tension ou un module domotique, pour commander un circuit en 230V (pompe) ou pour séparer proprement les différents circuits d’arrosage.

5.2. Pilotage d’une pompe 230V par relais 24V

Configuration classique : le programmateur ou la box domotique délivre un signal 24V qui active un relais, lequel alimente la pompe en 230V.

  • Côté bobine :
    • Sortie 24V de la commande → borne A1.
    • Retour 24V (– ou neutre) → borne A2.
  • Côté puissance :
    • Phase 230V du tableau (protégée par disjoncteur dédié) → borne COM (11).
    • Borne NO (14) → phase de la pompe.
    • Neutre et terre du tableau → directement vers la pompe.

Le relais agit alors comme un interrupteur automatique, synchronisé avec vos plages d’arrosage programmées.

5.3. Commande d’électrovannes multiples avec plusieurs relais

Si vous avez plusieurs zones d’arrosage, chaque électrovanne 230V (ou 24V AC) peut être pilotée par un relais dédié :

  • Un relais Finder par zone d’arrosage, tous commandés par une centrale ou un module domotique.
  • Chaque relais reçoit sa commande 24V et contrôle sa propre électrovanne en 230V ou 24V AC.

Ce découpage permet une gestion fine et économe de l’eau, en adaptant les durées d’arrosage à chaque zone (massif fleuri, potager, pelouse…).

6. Schéma n°5 : Relais Finder 24V avec contacts NF pour sécuriser une VMC ou un chauffage

6.1. Pourquoi utiliser le contact NF (normalement fermé) ?

Jusqu’ici, nous avons surtout utilisé le contact NO (normalement ouvert), pratique pour « enclencher » quelque chose à la demande. Mais le contact NF (normalement fermé, borne 12) est utile pour :

  • Assurer un fonctionnement par défaut, même en cas de panne de la commande 24V.
  • Couper un appareil uniquement en cas d’alarme ou de condition particulière.

Exemple : une VMC basse consommation ou un petit chauffage d’appoint que vous souhaitez couper automatiquement si un capteur de CO₂, d’humidité ou de température déclenche une alarme (via une commande 24V).

6.2. Exemple de câblage avec VMC

  • Côté commande 24V :
    • Capteur ou module de contrôle délivrant un signal 24V → borne A1 du relais.
    • Retour 24V → borne A2.
  • Côté puissance 230V :
    • Phase 230V du tableau → borne COM (11).
    • Borne NF (12) → phase de la VMC.
    • Neutre et terre → directement vers la VMC.

Au repos (aucune alarme), le contact NF est fermé : la VMC est alimentée. Si le relais est activé (alarme → 24V sur la bobine), le contact NF s’ouvre et coupe la VMC.

6.3. Autres usages domestiques possibles

  • Couper un petit chauffage électrique si une fenêtre est ouverte (capteur d’ouverture qui alimente la bobine).
  • Arrêter un système de soufflerie ou d’extraction en cas de surchauffe détectée par sonde 24V.
  • Interrompre l’alimentation d’une pompe en cas de niveau bas dans une cuve (flotteur ou capteur bas niveau en 24V).

7. Bonnes pratiques de montage et d’intégration dans la maison

7.1. Utiliser des supports rail DIN adaptés

Les relais Finder modulaires sont conçus pour être installés sur rail DIN dans un tableau électrique ou un coffret. Avantages :

  • Câblage plus propre, mieux ventilé et plus évolutif.
  • Remplacement simple en cas de défaut.
  • Intégration facile à d’autres modules (disjoncteurs, contacteurs, modules domotiques).

Si vous créez un petit coffret technique pour le jardin, la VMC ou un système d’arrosage, réserver une rangée complète à ces éléments permet de garder une installation lisible.

7.2. Séparer clairement les circuits basse et haute tension

  • Différencier les gaines et couleurs de fils pour la basse tension (24V) et la haute tension (230V).
  • Éviter de faire passer 24V et 230V dans la même gaine, surtout sur de grandes longueurs.
  • Repérer les fils au tableau avec des étiquettes claires : bobine, NO, NF, COM, etc.

Cette séparation contribue à la sécurité mais aussi à la facilité de dépannage ou de modification ultérieure.

7.3. Choisir le bon relais Finder pour chaque usage

Selon votre projet, quelques critères de choix importants :

  • Tension de bobine : 24V AC ou 24V DC, à vérifier sur la notice et sur votre alimentation.
  • Nombre de contacts : 1RT (un inverseur), 2RT, etc., en fonction de la complexité du montage (simple on/off, inversion, double circuit…).
  • Puissance commutable : vérifier l’intensité (A) maximale pour votre type de charge (éclairage, moteur, résistance…).
  • Type de montage : rail DIN pour tableau, relais enfichable sur socle, etc.

Sur un site comme Terra Maison, l’objectif est d’intégrer ces relais dans une vision globale de la maison : meilleure gestion de l’énergie, automatisations utiles (pas gadgets), sécurisation des installations et confort au quotidien.

7.4. Quand faire appel à un professionnel ?

Même si les schémas de branchement sont clairs, certains cas justifient l’intervention d’un électricien :

  • Modification du tableau principal, ajout de nouveaux disjoncteurs ou différentiel.
  • Branchement de charges puissantes (gros moteur, chauffage électrique important, pompe de piscine, etc.).
  • Projet d’automatisation complexe intégrant plusieurs relais, des modules domotiques et des capteurs variés.

Le recours à un professionnel permet de valider la conformité aux normes et d’éviter les erreurs de câblage qui peuvent coûter cher, en matériel comme en sécurité.

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