Branchement d’une plaque à induction, code couleur des fils, symboles électriques… Dès qu’il s’agit d’électricité, beaucoup de bricoleurs hésitent, et c’est une excellente réaction. Une plaque induction 6 fils peut se raccorder en monophasé, biphasé ou triphasé selon l’installation, et le moindre doute doit conduire à faire appel à un électricien agréé. Cet article a pour objectif de décrypter les couleurs, les symboles et les principaux schémas que vous allez rencontrer, afin de mieux comprendre ce que fera le professionnel et de sécuriser vos projets de rénovation de cuisine.
1. Comprendre les 6 fils d’une plaque induction moderne
1.1. Pourquoi certaines plaques ont 4 fils et d’autres 6 fils ?
Sur les anciennes installations, on trouvait souvent des plaques désignées “monophasées”, avec seulement :
- un fil de phase (souvent marron ou noir),
- un fil de neutre (bleu),
- un fil de terre (vert/jaune).
Les plaques plus récentes, notamment de grande puissance, sont souvent prévues pour plusieurs types d’alimentation. Les fabricants les conçoivent pour être compatibles :
- avec une installation monophasée 230 V classique,
- avec une alimentation biphasée,
- ou avec une alimentation triphasée 400 V.
Pour cela, la borne de raccordement de la plaque comporte plusieurs bornes de phase et parfois plusieurs neutres. On se retrouve donc facilement avec 5 ou 6 fils qui sortent de la plaque ou du bornier, et des barrettes ou pontets à positionner selon le schéma fourni par le constructeur.
1.2. Les couleurs de fils les plus courantes
En France (norme NF C 15-100), les couleurs les plus répandues sont :
- Bleu : neutre (N)
- Vert/jaune (bicolore) : terre (PE, pour “Protection Électrique”)
- Marron, noir, gris : phases (L1, L2, L3 selon le nombre de phases)
Sur une plaque à induction 6 fils, vous pouvez par exemple rencontrer :
- 1 fil vert/jaune : terre,
- 1 fil bleu : neutre,
- 2 ou 3 fils de couleur (marron, noir, gris, parfois blanc ou rouge) correspondant aux phases,
- éventuellement un second neutre ou un fil de pilotage spécifique sur certains modèles.
Attention : les couleurs sont une indication, mais elles ne remplacent jamais la vérification avec un multimètre et surtout la consultation du schéma de raccordement fourni par le fabricant. Sur un chantier rénové partiellement ou ancien, il arrive que les couleurs soient fantaisistes ou non conformes.
1.3. Tension, puissance et section de câble
Le choix du schéma de branchement dépend :
- de la tension disponible dans le logement (230 V monophasé, 400 V triphasé),
- de la puissance totale de la plaque, souvent entre 6 000 et 7 400 W,
- de la section du câble d’alimentation (6 mm² recommandé pour les plaques puissantes en monophasé),
- et du calibre du disjoncteur dédié (souvent 32 A en monophasé pour une plaque de cuisine).
Pour un habitat fonctionnel et économe, la cohérence entre ces trois paramètres (puissance, disjoncteur, section de câble) est aussi importante que la décoration de la cuisine ou le choix des meubles : une installation sous-dimensionnée peut chauffer, vieillir prématurément et faire disjoncter régulièrement.
2. Les principaux schémas de branchement d’une plaque induction 6 fils
2.1. Branchement en monophasé 230 V : le plus courant en maison individuelle
Dans la majorité des maisons récentes en France, on dispose d’une alimentation monophasée 230 V. C’est le cas typique où la plaque induction 6 fils peut être raccordée avec des barrettes de pontage fournies par le fabricant. Le principe général, que l’électricien suivra en se référant au schéma de la notice :
- Les bornes de phase (L1, L2, parfois L3) sont reliées ensemble par des pontets.
- Les bornes de neutre (N1, N2) sont également reliées entre elles si la plaque en possède plusieurs.
- On raccorde ensuite :
- la phase du circuit (souvent marron ou noir) sur la borne L regroupée,
- le neutre du circuit (bleu) sur la borne N regroupée,
- la terre vert/jaune sur la borne de terre de la plaque.
Visuellement, sur le bornier de la plaque, le schéma fournit par le constructeur indique souvent :
- un dessin de ponts métalliques représentant les barrettes entre L1, L2, (L3) pour le mode monophasé,
- un symbole 1~ (une vague ou un signe “~” après le chiffre 1) pour “monophasé 230 V”,
- un petit dessin de disjoncteur avec le calibre conseillé (ex. 32 A).
Dans une logique d’optimisation de votre espace de vie, ce schéma est le plus simple pour intégrer une plaque induction dans une cuisine équipée standard, que ce soit pour une rénovation d’appartement ou une construction neuve.
2.2. Branchement en triphasé 400 V : cas des grandes habitations et rénovations spécifiques
Dans certaines maisons anciennes, grandes habitations ou logements avec beaucoup d’équipements électriques (pompe à chaleur, atelier de bricolage, etc.), on dispose d’un abonnement triphasé 400 V. La plaque induction 6 fils est alors conçue pour répartir sa puissance sur plusieurs phases.
Sur le bornier, la notice du fabricant prévoit souvent :
- un schéma 3~ 400 V (symbole du triphasé),
- trois bornes de phase distinctes : L1, L2, L3,
- une ou deux bornes de neutre : N ou N1 / N2,
- et la borne de terre.
Le principe général, confié à un professionnel :
- Chaque phase du tableau électrique (L1, L2, L3) alimente une borne distincte de la plaque.
- Le neutre (N) est raccordé sur la ou les bornes neutres prévues.
- Aucun pont n’est généralement posé entre les phases (contrairement au monophasé).
Ce type de branchement a l’avantage de mieux répartir la consommation sur les trois phases du logement, ce qui peut limiter les risques de surcharge sur un seul conducteur. C’est une solution intéressante si vous aménagez un atelier de bricolage, un grand espace de vie ou une cuisine très équipée tout en veillant à la stabilité de l’installation.
2.3. Branchement biphasé : un cas plus rare mais possible
Certains constructeurs prévoient un schéma “2 phases + neutre”, qui apparaît parfois dans les notices sous forme de schéma 2N~ 400 V ou équivalent. Les 6 fils de la plaque peuvent alors être répartis différemment :
- deux phases alimentent des zones de cuisson distinctes,
- un neutre commun dessert l’ensemble,
- et la terre reste unique.
Ce type de configuration se rencontre plus rarement dans la maison individuelle standard, mais peut exister dans certains immeubles anciens ou installations particulières. Là encore, le seul document de référence reste le schéma du fabricant, et l’intervention d’un électricien est indispensable.
2.4. Où trouver le schéma précis de votre plaque induction ?
Pour un branchement propre et durable, il ne faut jamais se contenter d’un “cas standard”. Chaque plaque possède sa propre sérigraphie :
- sur l’étiquette au dos de la plaque,
- dans le cache du bornier de raccordement,
- ou dans la notice papier / PDF du fabricant.
Les symboles les plus courants à identifier :
- 1~ 230 V : alimentation monophasée 230 volts,
- 2N~ 400 V : alimentation biphasée avec neutre,
- 3N~ 400 V : alimentation triphasée avec neutre,
- L, L1, L2, L3 : phases,
- N, N1, N2 : neutre(s),
- ⏚ (symbole de mise à la terre) : borne de terre.
Pour une vision d’ensemble plus détaillée, vous pouvez consulter notre article spécialisé sur le câblage complet d’une plaque à induction 6 fils et les différents montages possibles, qui reprend les étapes de préparation et les bonnes pratiques avant intervention d’un professionnel.
3. Focus sur les couleurs et symboles électriques : bien lire ce que vous voyez
3.1. Les couleurs de fils dans votre logement
Dans une cuisine rénovée ou dans une maison ancienne, vous pouvez rencontrer des couleurs de fils qui ne correspondent pas toujours aux normes actuelles. Quelques repères :
- Dans les installations récentes :
- bleu = neutre,
- vert/jaune = terre,
- marron, noir, gris = phases.
- Dans les anciennes installations :
- le rouge était souvent utilisé pour la phase,
- d’autres couleurs pouvaient être utilisées de manière moins standardisée.
Là où la décoration laisse place à la créativité, l’électricité impose au contraire rigueur et cohérence. Ne vous fiez jamais à 100 % aux couleurs existantes, surtout si l’installation a été bricolée au fil du temps. Une vérification par un professionnel équipé (multimètre, contrôleur d’isolement) reste l’option la plus sûre.
3.2. Les symboles sur le tableau électrique
Pour comprendre le branchement de votre plaque induction, il est utile de savoir lire les symboles sur le tableau :
- Disjoncteur différentiel 30 mA : protège les personnes contre les fuites de courant. Souvent noté 30 mA avec un symbole de test “T”.
- Disjoncteur divisionnaire (32 A, 20 A, etc.) : protège le circuit contre les surintensités. Pour une plaque induction, on trouve souvent un 32 A.
- Courbe C ou D : caractéristiques de déclenchement du disjoncteur.
- Pictogrammes de cuisson : certains tableaux sont étiquetés “Plaque de cuisson” ou portent un petit dessin de casserole.
Cette lecture permet de vérifier si la plaque sera raccordée sur un circuit dédié, condition indispensable pour éviter les surcharges et respecter la norme NF C 15-100.
3.3. Les symboles sur la plaque elle-même
Sur le bornier de la plaque induction et dans la notice, quelques symboles reviennent systématiquement :
- ⏚ ou parfois un dessin de “râteau” : symbole de terre.
- ~ : courant alternatif (celui de votre réseau domestique).
- 1~, 2N~, 3N~ : types d’alimentation acceptés.
- 230 V / 400 V : tensions possibles selon le schéma.
- kW : puissance totale maximale de la plaque.
Le bon réflexe est de comparer ces informations avec celles du compteur, du disjoncteur de branchement et du tableau de répartition. Cette cohérence globale contribue autant à la sécurité de votre habitat qu’une bonne isolation thermique ou qu’un choix de matériaux durables pour vos travaux.
4. Sécurité, bonnes pratiques et aspects réglementaires
4.1. Ce que vous pouvez faire vous-même… et ce qu’il faut laisser au professionnel
Dans une démarche de bricolage responsable, il est important de savoir où s’arrêter. Pour une plaque induction 6 fils :
- Vous pouvez :
- préparer l’emplacement dans le plan de travail (découpe, renforts, ventilation),
- organiser les passages de câbles de manière propre et sécurisée,
- vérifier la présence d’un circuit dédié dans le tableau (sans intervenir dessus),
- lire et comprendre les notices et schémas.
- Il est vivement recommandé de confier à un électricien :
- le raccordement au tableau électrique,
- la pose ou la modification du disjoncteur,
- le branchement définitif sur le bornier de la plaque,
- et les tests électriques finaux (continuité de la terre, absence de défaut d’isolement).
Un mauvais serrage de borne, un pont oublié ou un conducteur insuffisamment dimensionné peuvent provoquer des échauffements, des coupures fréquentes ou, dans les pires cas, un départ de feu. Une approche prudente et professionnelle s’inscrit pleinement dans l’objectif d’un habitat sain, sécurisé et durable.
4.2. Norme NF C 15-100 et exigences pour la cuisine
En France, la norme NF C 15-100 encadre les installations électriques domestiques. Pour une plaque induction, elle impose notamment :
- un circuit spécialisé, dédié, avec son propre disjoncteur,
- une section de câble adaptée à la puissance et au calibre du disjoncteur (souvent 6 mm² pour 32 A en monophasé),
- une liaison à la terre obligatoire,
- une protection différentielle 30 mA en amont, pour la sécurité des personnes.
Si vous profitez de l’installation de la plaque pour rénover ou réorganiser votre cuisine (ajout d’un îlot, déplacement de la zone de cuisson, création de rangements), c’est le bon moment pour faire vérifier l’ensemble de votre réseau électrique. Une mise aux normes peut s’intégrer dans une démarche globale d’amélioration : confort, sécurité, économies d’énergie.
4.3. Écologie, consommation et optimisation de l’espace de vie
La plaque induction est déjà en soi une solution plus performante que beaucoup d’anciennes tables électriques ou gaz :
- rendement énergétique élevé,
- moins de pertes de chaleur,
- montée en température rapide, qui limite le temps de chauffe.
Mais pour que cette performance se traduise réellement par des économies d’énergie et un habitat plus écologique, le branchement doit être correctement dimensionné et sécurisé. Une installation mal réalisée peut entraîner :
- des déclenchements intempestifs, qui poussent à surdimensionner inutilement l’abonnement électrique,
- des échauffements qui réduisent la durée de vie des appareils,
- un inconfort d’usage au quotidien.
Dans une vision globale de votre maison, l’électricité de la cuisine s’articule avec l’isolation, la ventilation, l’éclairage et l’agencement des meubles. Un bon schéma de branchement ne se limite pas à “faire fonctionner la plaque” : il contribue à un espace de vie plus harmonieux, fiable et agréable à utiliser au quotidien.
5. Questions fréquentes sur les plaques induction 6 fils
5.1. Puis-je raccorder moi-même une plaque induction 6 fils si je suis bricoleur confirmé ?
Le raccordement d’une plaque de cuisson implique de travailler sur un circuit puissant (souvent 32 A), avec des risques sérieux en cas d’erreur. Même si vous êtes à l’aise en bricolage, il est fortement conseillé de confier le branchement au tableau et au bornier à un électricien. Vous pouvez en revanche préparer la partie menuiserie, l’implantation dans le plan de travail, l’organisation des câbles et la lecture des notices.
5.2. Pourquoi ma plaque possède des barrettes de pontage ?
Les barrettes (ou pontets) sont de petits éléments métalliques qui permettent de relier plusieurs bornes ensemble (L1, L2, etc.) lorsqu’on utilise la plaque en monophasé. Sans ces ponts, seule une partie de la plaque serait alimentée. Le schéma fourni par le fabricant indique précisément comment les positionner selon le cas (monophasé, biphasé, triphasé).
5.3. Le fil vert/jaune est-il obligatoire ?
Oui. Le fil vert/jaune correspond à la terre, indispensable pour la sécurité des personnes. Il ne doit jamais être coupé, retiré ou utilisé à un autre usage. Si votre installation n’a pas de terre dans la cuisine, il est important de faire intervenir un professionnel pour corriger cette situation avant de brancher une plaque induction.
5.4. Que faire si les couleurs de fils de mon installation ne correspondent pas aux schémas classiques ?
Dans ce cas, il ne faut surtout pas improviser. Les couleurs peuvent avoir été modifiées au fil des années ou ne pas respecter les normes. La seule solution fiable consiste à :
- tester les conducteurs avec un appareil adapté,
- rechercher un éventuel plan de l’installation,
- faire appel à un électricien pour identifier clairement phases, neutre et terre.
La couleur visuelle ne doit jamais être votre seul critère de décision pour un branchement.
5.5. Comment intégrer esthétiquement ma plaque induction dans ma cuisine tout en respectant le schéma de branchement ?
La contrainte électrique ne doit pas vous empêcher de soigner l’esthétique de votre cuisine :
- prévoyez un passage de câbles discret et suffisamment large derrière les meubles bas,
- évitez de coincer le câble de la plaque derrière les caissons ou dans un angle serré,
- assurez-vous que la prise ou la boîte de raccordement reste accessible pour une éventuelle maintenance,
- coordonnez le positionnement de la plaque avec la hotte, le plan de travail et l’éclairage pour créer un ensemble harmonieux.
Un bon agencement permet d’allier sécurité électrique, confort d’utilisation et cohérence esthétique : autant d’éléments qui participent pleinement à l’optimisation de votre espace de vie et au plaisir de cuisiner au quotidien.


