Installer des panneaux photovoltaïques permet de réduire sa facture d’électricité, mais aussi de valoriser l’énergie produite en revendant le surplus au réseau. Une question revient alors souvent : combien EDF rachète-t-il le kilowattheure solaire en 2025 ?

La réponse dépend principalement de votre puissance installée, de votre choix entre autoconsommation et vente totale, ainsi que de la date de dépôt de votre demande de raccordement. Les tarifs ne sont pas fixés librement par EDF : ils sont encadrés par les pouvoirs publics et évoluent régulièrement.

Voici les principaux tarifs à connaître, les conditions à respecter et les points à vérifier avant de signer un contrat de revente.

Les deux modes de revente de l’électricité solaire

Avant de parler de prix, il faut distinguer deux modèles.

  • L’autoconsommation avec vente du surplus : vous utilisez directement une partie de l’électricité produite. L’énergie non consommée au moment de la production est injectée sur le réseau et rachetée par EDF Obligation d’Achat, généralement appelé EDF OA.
  • La vente totale : toute l’électricité produite par les panneaux est injectée sur le réseau. Vous achetez alors l’électricité dont vous avez besoin auprès de votre fournisseur habituel.

Dans la majorité des maisons, l’autoconsommation avec vente du surplus est aujourd’hui la solution la plus cohérente. Elle permet de réduire les achats d’électricité au tarif du fournisseur, souvent bien plus élevé que le tarif de rachat. En pratique, consommer un kilowattheure solaire chez soi est généralement plus intéressant que le vendre.

La vente totale peut toutefois rester pertinente pour certains projets : grande toiture bien exposée, faible consommation dans la journée ou installation conçue spécifiquement pour produire et injecter.

Combien EDF OA rachète-t-il le kWh solaire en 2025 ?

En 2025, les tarifs dépendent de la puissance de l’installation et du type de contrat. Pour une installation résidentielle classique, inférieure ou égale à 9 kWc, les montants de référence ont fortement évolué au fil des périodes tarifaires.

Pour les demandes de raccordement enregistrées au début de l’année 2025, les barèmes couramment appliqués étaient les suivants, à titre indicatif :

  • Vente du surplus jusqu’à 9 kWc : environ 0,1269 € par kWh injecté.
  • Vente totale jusqu’à 3 kWc : environ 0,1205 € par kWh.
  • Vente totale de 3 à 9 kWc : environ 0,1024 € par kWh.
  • Vente totale de 9 à 36 kWc : environ 0,1318 € par kWh selon la période tarifaire.
  • Vente totale de 36 à 100 kWc : environ 0,1145 € par kWh selon le barème applicable.

Attention : ces montants ne constituent pas un tarif universel valable pour toute l’année. Le prix retenu est celui correspondant à la période de votre demande complète de raccordement, et non nécessairement celui de la date de pose des panneaux ou de la signature du contrat.

En 2025, une baisse importante des tarifs de rachat et de la prime à l’autoconsommation a également été annoncée et appliquée selon les périodes réglementaires. Il est donc indispensable de demander à l’installateur la grille tarifaire exacte associée à votre dossier.

Pourquoi les tarifs changent-ils en cours d’année ?

Les tarifs d’achat photovoltaïque sont révisés périodiquement. Cette évolution dépend notamment du nombre de demandes de raccordement, du coût des équipements et des objectifs de développement des énergies renouvelables.

Le tarif est généralement déterminé par la date à laquelle votre demande complète est enregistrée par le gestionnaire de réseau. Une simple estimation commerciale ne suffit donc pas à verrouiller le prix.

Deux voisins ayant posé des panneaux presque au même moment peuvent ainsi bénéficier de conditions différentes si leurs demandes de raccordement n’ont pas été enregistrées sur la même période. Ce n’est pas très intuitif, mais c’est le fonctionnement du dispositif.

Le tarif de rachat est-il garanti pendant 20 ans ?

Oui, dans le cadre d’un contrat d’achat conclu avec EDF OA, la durée est généralement de 20 ans. Le tarif défini au contrat est ensuite appliqué pendant cette période, avec les modalités d’indexation prévues par le contrat.

Il ne faut toutefois pas confondre durée du contrat et durée de vie des panneaux. Les modules photovoltaïques peuvent fonctionner pendant 25 à 30 ans, parfois davantage, mais leur rendement diminue progressivement. L’onduleur, de son côté, peut nécessiter un remplacement après 10 à 15 ans.

Le contrat de revente apporte donc une visibilité intéressante, mais il ne transforme pas l’installation en placement sans frais. Il faut prévoir l’entretien, l’assurance, les éventuelles réparations et la fiscalité applicable.

La prime à l’autoconsommation s’ajoute-t-elle au rachat ?

Lorsque vous choisissez l’autoconsommation avec vente du surplus, vous pouvez bénéficier d’une prime à l’investissement, à condition de respecter les critères prévus par le dispositif.

Cette prime dépend de la puissance de l’installation. Son montant est révisé régulièrement et a été nettement diminué en 2025. Pour les petites installations, les montants annoncés au début de l’année étaient de l’ordre de quelques dizaines d’euros par kWc, contre des niveaux plus élevés auparavant.

La prime est généralement versée sur plusieurs années, selon les modalités du contrat. Elle ne doit pas être confondue avec le prix de vente du kilowattheure : ce sont deux mécanismes distincts.

Un exemple simple permet de mieux comprendre. Pour une installation de 6 kWc, vous pouvez :

  • consommer directement une partie de la production ;
  • vendre le surplus injecté, par exemple autour de 0,1269 € par kWh selon la période tarifaire ;
  • recevoir une prime à l’autoconsommation si votre dossier respecte les conditions requises.

Quelles conditions pour vendre son électricité à EDF OA ?

La revente ne se fait pas automatiquement dès que les panneaux produisent. Plusieurs démarches sont nécessaires.

  • Faire réaliser l’installation par un professionnel qualifié RGE, lorsque cette qualification est exigée pour bénéficier de l’obligation d’achat et de la prime.
  • Déposer une demande de raccordement auprès d’Enedis ou du gestionnaire de réseau compétent.
  • Obtenir l’attestation de conformité électrique Consuel, lorsque celle-ci est nécessaire.
  • Signer le contrat d’achat avec EDF OA ou l’acheteur désigné.
  • Mettre en service l’installation une fois le raccordement validé.
  • Effectuer les relevés ou déclarations de production selon les modalités prévues au contrat.

L’installateur peut prendre en charge une partie des formalités, mais le propriétaire doit rester attentif. Demandez notamment les références du dossier de raccordement, la puissance déclarée et le tarif d’achat retenu.

Quel revenu espérer avec des panneaux photovoltaïques ?

Le montant dépend de la production annuelle et de la part d’électricité consommée sur place. Prenons l’exemple d’une installation de 3 kWc située dans une région correctement ensoleillée.

Elle peut produire environ 3 000 à 3 600 kWh par an, selon l’orientation, l’inclinaison, les ombrages et la météo. Si le foyer consomme directement 40 % de cette production, environ 1 800 à 2 160 kWh peuvent être injectés sur le réseau.

Avec un tarif de rachat de 0,1269 € par kWh, la revente du surplus représenterait environ 228 à 274 € par an. À cela s’ajoute l’économie réalisée en évitant d’acheter une partie de l’électricité au réseau.

Cette économie est souvent plus importante que le revenu de la revente. Un kilowattheure autoconsommé évite en effet de payer le tarif réglementé ou le prix prévu par votre contrat d’électricité. La rentabilité repose donc sur les deux leviers : réduire les achats et vendre l’excédent.

Faut-il choisir la vente totale en 2025 ?

La vente totale peut sembler simple : toute la production est vendue, sans avoir à adapter ses habitudes de consommation. Pourtant, elle n’est pas toujours la plus rentable.

Avec l’autoconsommation, un lave-linge, un chauffe-eau ou une pompe à chaleur peuvent fonctionner lorsque les panneaux produisent. Vous utilisez alors directement une énergie qui aurait sinon été achetée au fournisseur.

La vente totale peut être étudiée si :

  • le logement est souvent inoccupé en journée ;
  • la consommation diurne est très faible ;
  • la toiture offre une grande surface bien exposée ;
  • le projet a été dimensionné pour maximiser l’injection ;
  • le tarif de vente totale applicable reste suffisamment intéressant.

Dans tous les cas, comparez les deux scénarios avec des chiffres réels : production estimée, consommation annuelle, profil de consommation, coût du raccordement et montant de l’installation.

EDF OA, fournisseur d’électricité et revente du surplus

EDF OA ne correspond pas exactement à EDF fournisseur d’électricité. Il s’agit d’un dispositif d’achat réglementé. Vous pouvez donc être client d’un autre fournisseur pour votre consommation et vendre votre production dans le cadre d’un contrat d’obligation d’achat.

Certains fournisseurs privés proposent également des offres de rachat. Elles peuvent être intéressantes, mais elles ne reposent pas toujours sur les mêmes conditions. Vérifiez attentivement :

  • le prix d’achat garanti et sa durée ;
  • les frais éventuels de gestion ou d’abonnement ;
  • les conditions de résiliation ;
  • le mode de calcul de l’indexation ;
  • la date et la fréquence des paiements.

Un prix affiché légèrement supérieur peut perdre son intérêt si des frais fixes importants sont prélevés chaque année.

Quelle fiscalité pour les revenus photovoltaïques ?

Les revenus issus de la vente d’électricité peuvent bénéficier d’une exonération d’impôt sur le revenu lorsque certaines conditions sont réunies. L’installation doit notamment respecter un seuil de puissance et être raccordée au réseau public en deux points au plus. Les conditions fiscales pouvant évoluer, il est préférable de vérifier la règle applicable à votre situation au moment de la déclaration.

Pour une petite installation résidentielle, la vente du surplus ne génère généralement pas de démarches fiscales complexes, mais il faut conserver le contrat d’achat et les relevés de paiement. Pour les installations plus puissantes ou les projets professionnels, le traitement peut être différent : TVA, régime réel, bénéfices industriels et commerciaux ou obligations comptables peuvent entrer en jeu.

Les erreurs à éviter avant de signer

  • Se fier à un tarif ancien trouvé sur un forum : les barèmes évoluent régulièrement.
  • Confondre puissance en kW et production en kWh : les kWc désignent la puissance des panneaux, tandis que les kWh mesurent l’énergie produite ou vendue.
  • Surévaluer la production : une toiture orientée au nord ou soumise à des ombrages produira moins que les estimations théoriques.
  • Oublier le coût du raccordement : il peut réduire la rentabilité globale du projet.
  • Penser que toute l’électricité sera rachetée au même prix : le surplus et la vente totale relèvent de tarifs différents.
  • Ne pas vérifier les garanties : garantie des panneaux, de l’onduleur, de la pose et assurance décennale doivent être clairement indiquées.

Le bon réflexe consiste à demander une simulation séparant clairement l’économie d’autoconsommation, le revenu de revente, la prime éventuelle et les dépenses restantes.

Les points à vérifier sur votre contrat EDF OA

Avant de valider votre dossier, contrôlez les éléments suivants :

  • la puissance installée en kWc ;
  • le mode de valorisation choisi : surplus ou vente totale ;
  • le tarif d’achat en euros par kWh ;
  • la date de prise d’effet du contrat ;
  • la durée d’engagement ;
  • les modalités de relève et de facturation ;
  • les conditions d’indexation du tarif ;
  • les coordonnées du titulaire du contrat et du point de livraison.

En 2025, il est particulièrement important de ne pas raisonner uniquement sur le prix de rachat. Les tarifs ont tendance à baisser, tandis que le prix de l’électricité achetée au réseau reste un facteur déterminant. Une installation bien dimensionnée, associée à de bonnes habitudes de consommation, peut être plus rentable qu’une grande surface de panneaux destinée uniquement à la revente.

Avant de signer, demandez donc le barème officiel correspondant à votre date de raccordement et faites vérifier le calcul par un professionnel. Le meilleur kilowattheure solaire n’est pas toujours celui que l’on vend : c’est souvent celui que l’on n’a pas besoin d’acheter.

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