Le joint de carrelage extérieur est souvent la partie la moins glamour d’un projet de terrasse ou de balcon… et pourtant, c’est lui qui fait la différence entre un revêtement durable et un sol qui se fissure, se tâche ou laisse passer l’eau vers la dalle en béton. Sur Terra Maison, l’objectif n’est pas seulement d’obtenir un joli rendu, mais de créer un espace de vie extérieur harmonieux, pérenne et, si possible, plus écologique. Bien choisir et bien poser ses joints, c’est protéger son carrelage, limiter les travaux de réparation à moyen terme et optimiser le confort au quotidien.
Que vous aménagiez une terrasse carrelée, les abords d’une piscine, une cuisine d’été ou un escalier extérieur, les contraintes ne sont pas les mêmes : variations de température, gel, humidité permanente, dilatation du support, circulation intense, graisse et tâches (barbecue, huile, produits de nettoyage, etc.). Le choix du mortier de jointoiement, de l’épaisseur du joint, de la couleur et même des accessoires de pose doit être cohérent avec ces contraintes. Un joint inadapté peut craqueler en moins de deux ans, se désagréger sous l’effet du gel ou devenir un véritable nid à mousses et saletés.
Dans cet article, nous allons passer en revue les essentiels : comprendre à quoi sert réellement un joint de carrelage extérieur, distinguer les différents types de mortiers de jointoiement, apprendre à choisir le bon produit pour votre support (dalle en béton, carrelage sur plots, terrasse en bois carrelée, etc.), réussir la pose étape par étape et, surtout, savoir entretenir et rénover intelligemment vos joints. L’idée est de vous fournir un guide pratique, concret, orienté solutions, pour que vous puissiez décider en toute connaissance de cause avant de passer à l’action.
Vous trouverez également des conseils pour limiter l’usage de produits chimiques agressifs, prolonger la durée de vie de votre carrelage et optimiser la performance énergétique de votre habitat par un traitement étanche et bien pensé des surfaces extérieures. Que vous soyez bricoleur occasionnel ou habitué aux projets DIY, vous pourrez vous appuyer sur ces repères pour obtenir des joints solides, esthétiques et adaptés à votre mode de vie.
Comprendre le rôle du joint de carrelage extérieur et les contraintes spécifiques
Le joint de carrelage extérieur n’est pas un simple “remplissage” entre deux carreaux. C’est un élément technique à part entière, qui a plusieurs fonctions essentielles. Il compense les légères variations dimensionnelles du carrelage, liées à la température et à l’humidité. Il absorbe une partie des mouvements du support (dalle en béton, chape, ragréage, plancher béton ciré, etc.). Il assure aussi l’étanchéité de surface, en limitant les infiltrations d’eau vers le support, ce qui est déterminant sur une terrasse, un balcon ou une plage de piscine.
En extérieur, les contraintes sont beaucoup plus fortes qu’en intérieur. Le carrelage et les joints subissent :
- Les variations thermiques importantes entre été et hiver.
- Le gel, qui peut éclater un joint mal adapté ou poreux.
- Les rayons UV, qui dégradent progressivement certains liants ou pigments.
- Les eaux de pluie chargées de pollution, de poussière, voire de sel en zone littorale.
- Les produits utilisés autour de la piscine (chlore, sel), dans la cuisine extérieure (graisses, sauces) ou pour le nettoyage (détergents, décapants).
Un bon joint pour carrelage extérieur doit donc être à la fois :
- Résistant mécaniquement (passage, chocs, mobilier de jardin).
- Résistant à l’eau et au gel.
- Adapté à la largeur des joints imposée par le carrelage.
- Compatible avec le support (béton, chape fluide, bois, ancien carrelage).
- Stable en couleur dans le temps.
Sur le plan esthétique, le joint influe directement sur le style de votre terrasse ou de votre allée. Un joint ton sur ton avec le carrelage donnera un rendu très homogène, idéal pour un effet béton ciré ou pierre naturelle contemporaine. Un joint plus foncé soulignera au contraire le calepinage et les contours des carreaux. C’est un choix à anticiper en tenant compte de l’exposition (un joint très clair sur une terrasse ombragée se salira plus vite, par exemple).
Attention aussi aux idées reçues. Beaucoup pensent qu’en extérieur, il faut absolument des joints très larges pour “tenir” le carrelage. En réalité, la largeur recommandée dépend du format et du type de carreau, mais aussi du mortier de jointoiement. Certains produits techniques pour grands formats exigent des joints relativement fins, à condition que le support soit parfaitement stable. Inversement, sur une dalle un peu vivante ou une pose sur plots, on laisse volontiers des joints plus généreux pour laisser travailler l’ensemble.
Enfin, le joint joue un rôle dans la performance globale de l’enveloppe extérieure de la maison. Des joints dégradés laissent l’eau stagner sous les carreaux, favorisant les décollements, les infiltrations dans la dalle en béton et parfois des ponts thermiques au droit des seuils. En entretenant correctement vos joints, vous ne protégez pas seulement votre carrelage : vous améliorez aussi la durabilité de votre structure et vous limitez la nécessité de gros travaux de rénovation énergivore.
Les différents types de joints pour carrelage extérieur : mortiers, joints souples et solutions techniques
Avant d’acheter vos produits, il est essentiel de comprendre les grandes familles de joints disponibles pour le carrelage extérieur. Tous ne répondent pas aux mêmes usages, et les fiches techniques doivent toujours être lues attentivement. Cela vous évitera d’utiliser un produit prévu pour une salle de bains intérieure sur une terrasse exposée au gel.
Qu’est-ce que le mortier de jointoiement ?
Le mortier de jointoiement est le type de joint le plus courant. C’est un mélange à base de liants hydrauliques (comme le ciment), de charges minérales et d’additifs. Il se présente généralement sous forme de poudre à mélanger avec de l’eau. Ce mortier est conçu pour remplir les espaces entre les carreaux, adhérer aux bords émaillés ou bruts du carrelage et durcir en formant un matériau solide et relativement imperméable.
Pour un usage extérieur, on privilégie les mortiers de jointoiement :
- Classés “extérieur” ou “façade” sur l’emballage.
- Résistants au gel et aux intempéries.
- Parfois améliorés par des résines (mortiers dits “flexibles” ou “déformables”).
- Compatibles avec les carreaux choisis (grès cérame, pierre naturelle, carrelage imitation bois, etc.).
Ces mortiers existent en de nombreuses couleurs, du blanc pur au gris anthracite, en passant par des teintes sable, ciment ou ton bois pour les carrelages imitation lames. Certains fabricants proposent des gammes coordonnées permettant d’harmoniser joints de sol, joints de façade et même enduits pour offrir un rendu cohérent autour de la maison.
Joints souples, joints époxy et solutions spécialisées
Pour les zones particulièrement exposées aux mouvements ou aux agressions chimiques, d’autres types de joints sont à envisager :
- Le joint souple (mastic silicone ou polyuréthane) : il n’est pas utilisé pour remplir tous les joints entre carreaux, mais plutôt en périphérie (jonction avec un mur, une huisserie) ou en reprise de fractionnement. Il reste élastique dans le temps, permet d’absorber les dilatations importantes et assure une étanchéité durable. Indispensable autour des piscines, terrasses sur dalles en béton qui travaillent, ou au droit des seuils de baies vitrées.
- Le joint époxy : très résistant aux tâches, à l’eau, aux produits chimiques et au trafic intense. Il est particulièrement adapté aux plages de piscine, aux cuisines professionnelles ou aux lieux soumis à des nettoyages fréquents au nettoyeur électrique haute pression. En revanche, sa mise en œuvre est plus délicate, surtout pour un particulier, et il est plus coûteux. Il peut toutefois être pertinent pour un projet où l’entretien doit être minimal.
- Les mortiers drains ou joints perméables : pour certains aménagements extérieurs (terrasses sur sol naturel, allées, zones où l’on veut favoriser l’infiltration de l’eau plutôt que son ruissellement), il existe des produits spécifiques permettant de laisser passer l’eau entre les carreaux. Ils sont généralement utilisés avec des carreaux adaptés (dalles extérieures sur base béton ou pierre) et s’inscrivent dans une réflexion globale sur la gestion de l’eau de pluie et l’écoresponsabilité du projet.
On trouve aussi des systèmes complets associant mortier de pose, mortier de jointoiement et accessoires (bandes d’étanchéité, profilés, croisillons) pensés pour le carrelage extérieur sur terrasse, balcon ou toiture-terrasse. Même si le budget est un peu plus élevé qu’avec des produits génériques, ces solutions réduisent les risques de désordres (infiltrations, fissures, décollements).
Enfin, pour des projets spécifiques comme une cuisine d’été, un espace barbecue ou un coin repas extérieur, vous pouvez envisager des joints spécialement formulés pour résister aux graisses et aux tâches de nourriture. De même, si vous carrelez une zone en contact avec des éléments en bois (terrasse mixte bois/carrelage, margelle de piscine, plots sur structure bois), il est important de choisir des joints et mastics compatibles, capables de suivre les mouvements plus importants du support bois sans se fissurer.
Comment choisir le bon joint de carrelage extérieur selon votre projet
Choisir un joint de carrelage extérieur ne se résume pas à “prendre un gris ciment pour aller avec tous les carreaux”. Pour un résultat fiable et durable, il faut croiser plusieurs critères : type de carrelage, support, exposition, usage de la zone et attentes esthétiques. L’enjeu, c’est d’éviter les mauvaises surprises visibles au bout de 2 ou 3 hivers.
Analyser le support et le type de pose
Commencez par identifier sur quoi repose votre carrelage :
- Dalle en béton pleine : c’est le support le plus stable. Un mortier de jointoiement classique pour extérieur, éventuellement “flexibilisé”, suffit généralement. Sur de grandes surfaces, des joints de dilatation et des joints souples doivent compléter l’ensemble.
- Chape sur isolant ou terrasse sur plot : ces systèmes sont plus sensibles aux mouvements. Optez pour un mortier de jointoiement déformable et respectez scrupuleusement les recommandations du fabricant concernant la largeur minimale et maximale de joint.
- Support bois (terrasse bois carrelée, plancher OSB extérieur protégé) : la prudence est de mise. Il est préférable d’utiliser des solutions constructives spéciales (panneaux prêts à carreler, systèmes de désolidarisation) et des joints souples de périphérie bien dimensionnés.
Si vous travaillez sur une ancienne terrasse en carrelage que vous recouvrez, veillez à l’adhérence de l’existant et à la planéité. Un joint performant ne rattrapera pas une pose mal préparée.
Prendre en compte l’usage de la zone extérieure
Les contraintes ne sont pas les mêmes pour :
- Une terrasse de repas ou une cuisine extérieure : risques de tâches de graisse, de vin, de sauces. Privilégiez un joint peu poreux, éventuellement teinté dans une couleur plus foncée, et envisagez un traitement hydrofuge/oléofuge après séchage. Un joint époxy peut être intéressant dans les zones les plus exposées.
- Les abords de piscine : l’eau (douce, salée ou chlorée) est omniprésente. Choisissez des produits expressément conçus pour cet usage, résistants aux produits de traitement de l’eau. Les joints doivent rester légèrement rugueux pour limiter les risques de glissade, tout en étant faciles à nettoyer.
- Une allée carrossable ou un accès garage carrelé : le passage de véhicules impose une résistance mécanique renforcée. Consultez les fiches techniques : certains mortiers de jointoiement ne sont pas prévus pour la circulation de voitures.
- Un balcon ou une loggia : la problématique principale est l’étanchéité. Un système complet avec sous-couche étanche, bande périphérique et joints soigneusement réalisés est indispensable pour éviter les infiltrations dans les planchers.
Le climat local compte également. En zone de montagne ou de gel fréquent, privilégiez des mortiers très peu poreux, certifiés résistants au gel. En bord de mer, surveillez la résistance aux sels et à l’air marin, plus corrosif.
Soigner l’esthétique et la cohérence globale
Du point de vue décoratif, l’objectif est de renforcer le style choisi pour votre extérieur. Pour une terrasse esprit béton ciré, un carrelage grand format gris ou sable avec joints fins ton sur ton donnera un rendu très contemporain. Pour un esprit maison de campagne, un carrelage imitation pierre ou terre cuite avec des joints légèrement plus larges et une teinte “sable” ou “chaux” renforcera l’authenticité.
Si votre terrasse communique avec un séjour carrelé, pensez à la continuité visuelle : utiliser le même coloris de joint intérieur/extérieur, ou au contraire jouer sur un contraste marqué à la sortie, peut structurer l’espace. L’objectif est d’harmoniser sols, façades, terrasse bois éventuelle, mobilier et végétation. N’hésitez pas à demander des nuanciers ou à réaliser un test sur une petite zone pour vérifier le rendu réel à la lumière naturelle.
Dernier paramètre : la facilité d’entretien. Un joint très clair sur une terrasse où vous recevez souvent, avec barbecue et vaisselle transportée depuis la cuisine, risque de marquer au fil du temps, même avec de bons produits de nettoyage. Dans ce cas, un gris moyen ou un beige légèrement soutenu sera plus tolérant, tout en restant harmonieux avec la plupart des tonalités de carrelage extérieur.
Préparation du support et pose des joints de carrelage extérieur : méthode pas à pas
La qualité de vos joints de carrelage extérieur dépend autant du produit utilisé que de la préparation et de la méthode de pose. Même un excellent mortier de jointoiement donnera un mauvais résultat si le support n’est pas propre, si les temps de prise ne sont pas respectés ou si le nettoyage est mal géré. Voici une approche structurée, adaptée à un bricoleur soigneux.
Préparer correctement le chantier
Avant de jointoyer, assurez-vous que la pose du carrelage est complètement terminée et que le mortier-colle est sec. En extérieur, on attend généralement au moins 24 à 48 heures (voire plus selon température et humidité) avant de passer à l’étape joint.
Les étapes préalables :
- Vérifier que les carreaux sont bien solidarisés, sans “son creux”.
- Dégager les interstices : enlever les croisillons, bavures de colle, poussières, petits débris.
- Aspirer la surface ou balayer soigneusement pour éliminer toutes particules qui pourraient fragiliser l’adhérence du joint.
- Humidifier légèrement le support si le temps est chaud et sec, pour éviter un séchage trop rapide du mortier.
Profitez-en pour contrôler les zones sensibles : jonction avec les murs, seuils de portes-fenêtres, angles, pieds de poteaux. Certaines de ces zones devront recevoir un joint souple (mastic) et non un mortier classique.
Préparer et appliquer le mortier de jointoiement
Suivez strictement les indications du fabricant pour le dosage eau/poudre. Un mélange trop liquide sera fragile, un mélange trop sec sera difficile à appliquer et pourra mal remplir les espaces. Utilisez un seau propre, une perceuse avec mélangeur si possible, et laissez reposer la pâte quelques minutes avant une brève remise en mouvement.
Pour l’application :
- Utilisez une raclette en caoutchouc ou une taloche à joint pour étaler le mortier en diagonale par rapport aux carreaux. Cette technique permet de bien remplir les interstices sans trop creuser.
- Travaillez par petites surfaces (2 à 4 m²) pour garder la maîtrise du temps de prise et faciliter le nettoyage.
- Assurez-vous que les joints sont bien remplis sur toute leur profondeur, sans bulles d’air ni manques.
Une fois le mortier commencé à tirer (il doit être encore plastique mais moins collant), vous pouvez commencer le nettoyage primaire :
- Passer une éponge légèrement humide (non détrempée) en mouvements circulaires pour lisser les joints et enlever l’excédent de mortier.
- Rincer régulièrement l’éponge dans un seau d’eau propre, pour ne pas étaler un film de ciment sur le carrelage.
- Éviter de trop creuser les joints, ce qui les fragiliserait et favoriserait la stagnation d’eau.
Finitions, nettoyage et joints souples
Après un premier nettoyage à l’éponge, laissez sécher selon le temps indiqué par le fabricant, puis réalisez un second nettoyage pour enlever le “voile de ciment” résiduel. Il existe des produits de nettoyage spécifiques pour voile de ciment, à utiliser avec précaution, notamment sur les carrelages sensibles (pierre naturelle, carreaux émaillés délicats). Privilégiez toujours les solutions les moins agressives et faites un essai sur une zone peu visible.
Les joints souples (mastics) doivent être réalisés sur support sec et propre, en général après le jointoiement classique. Ils se posent :
- En périphérie de la terrasse, au contact des façades.
- Le long des seuils de baies vitrées et portes-fenêtres.
- Sur les joints de fractionnement prévus par le plan de pose.
Protégez les bords (carrelage, menuiseries, bois) avec un ruban de masquage, appliquez le mastic au pistolet (manuel ou électrique), puis lissez avec un outil adapté ou un doigt légèrement mouillé avec de l’eau savonneuse. Le résultat doit être un cordon régulier, sans bulle, légèrement en retrait par rapport au plan du carrelage pour éviter la stagnation d’eau.
Respectez scrupuleusement les temps de séchage complets avant de remettre la terrasse en service ou de replacer le mobilier. Selon les produits et la température extérieure, il peut être nécessaire d’attendre 24 à 72 heures pour un séchage à cœur.
Entretien, rénovation et solutions écologiques pour vos joints de carrelage extérieur
Une fois vos joints de carrelage extérieur posés, l’enjeu est de les garder en bon état le plus longtemps possible. Un entretien adapté, des produits bien choisis et des petites interventions régulières éviteront de gros travaux de réfection. C’est aussi à ce stade que l’on peut faire des choix plus respectueux de l’environnement, en limitant l’usage de produits chimiques agressifs.
Nettoyage courant des joints extérieurs
Au quotidien, l’entretien le plus efficace reste la prévention. Balayer régulièrement la terrasse, surtout en automne (feuilles, terre, poussières) permet d’éviter que les salissures ne s’incrustent dans les joints. Deux ou trois fois par an, un nettoyage plus approfondi est recommandé :
- Utiliser de l’eau chaude et un détergent doux adapté aux sols extérieurs (éviter l’eau de javel pure, qui fragilise certains mortiers et nuit à la biodiversité du jardin).
- Frotter avec une brosse à poils moyens (pas métalliques) pour déloger les salissures des joints.
- Rincer abondamment à l’eau claire.
Le nettoyeur électrique haute pression peut être tentant, mais il doit être utilisé avec prudence. Une pression trop élevée ou une buse trop proche du sol peut éroder progressivement les joints, surtout s’ils ne sont pas conçus pour ce type d’agression. Si vous y tenez, travaillez à pression modérée, avec la buse inclinée et en mouvement constant, sans insister sur un point précis.
Traiter les tâches et les micro-organismes
Sur une terrasse où l’on cuisine, les tâches de gras sont fréquentes. Agissez le plus vite possible :
- Absorber le surplus avec un papier absorbant ou un chiffon.
- Utiliser un produit dégraissant adapté (savon noir, liquide vaisselle concentré, dégraissant spécial terrasse) dilué dans de l’eau chaude.
- Frotter doucement les joints, rincer abondamment.
Pour les mousses, algues et lichens qui s’installent dans les zones ombragées ou humides, il est préférable d’éviter les anti-mousses trop agressifs. Il existe désormais des produits à formulation plus douce, parfois d’origine végétale, qui réduisent l’impact sur l’environnement. Vous pouvez aussi, en prévention, améliorer le drainage (évacuation de l’eau de pluie, pente suffisante) et favoriser l’ensoleillement en taillant des haies ou arbustes trop proches de la terrasse.
Rafraîchir, réparer ou refaire les joints
Avec le temps, certains joints peuvent se fissurer, s’effriter ou se tacher durablement. Plusieurs options existent avant d’envisager une réfection totale :
- Réparer localement : si une petite zone est abîmée, grattez soigneusement le joint dégradé (sans abîmer le carrelage), dépoussiérez, puis refaites le joint avec le même mortier (ou un produit compatible). Cette intervention ciblée est rapide et économique.
- Rafraîchir l’aspect : pour des joints uniformément encrassés, un nettoyage en profondeur suivi d’un traitement hydrofuge peut suffire à redonner un aspect plus net et limiter la réapparition des salissures.
- Changer l’esthétique : il existe des peintures ou résines colorantes spéciales pour joints, mais elles sont encore peu utilisées en extérieur à cause des contraintes climatiques. Si vous souhaitez vraiment changer la couleur des joints, il sera souvent plus pérenne de les refaire.
En cas de réfection complète, le plus écologique reste de limiter au maximum la casse de carrelage, de recycler les gravats (centre de tri) et de profiter des travaux pour optimiser le système (meilleure étanchéité, produit plus durable, joints perméables pour favoriser l’infiltration de l’eau de pluie, etc.).
Pour les projets neufs comme pour les rénovations, privilégiez autant que possible des produits certifiés (labels environnementaux, faibles émissions de COV) et des solutions cohérentes avec le reste de votre habitat. Par exemple, si vous avez déjà travaillé un style minéral avec un béton ciré intérieur, prolongez ce choix à l’extérieur avec un carrelage adapté et des joints assortis, plutôt que de multiplier les matériaux (bois, pierre, carrelage, résine) difficiles à entretenir et à recycler.
En prenant l’habitude de inspecter vos joints chaque printemps (après les épisodes de gel) et chaque automne (avant les pluies intenses), vous pourrez intervenir au bon moment, avec des réparations ciblées et un entretien mesuré. C’est ce suivi régulier, plus que la promesse d’un “produit miracle”, qui garantit la longévité de votre carrelage extérieur et l’harmonie durable de votre espace de vie.

